« Les mots entre mes mains » de Guinevere Glasfurd

Éditions : Préludes

Parution : 24 aout 2016

Pages : 448 p.

Prix : 15,90 euros 

Résumé 

Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?

En dévoilant cette relation amoureuse avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse, en avance sur son temps, et révèle une autre facette du célèbre philosophe français.

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Mon avis

Je tenais tout d’abord à remercier Netgalley et les éditions Préludes pour ce service-presse.

Dès les premières lignes, ce roman m’a fait penser à « la jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier. Dans une ambiance similaire, on suit l’histoire d’une jeune servante hollandaise du 17ème siècle. Elle arrive à Amsterdam et fait la rencontre de René Descartes. Il n’est pas question ici d’un peintre mais d’un écrivain-philosophe, une sorte d’artiste aussi en somme. Les similitudes s’arrêtent là et le récit de Guinevere Glasfurd dévoile, par la suite, toute son originalité.

L’auteure amène son histoire petit à petit, par touches. Au début surtout, elle nous fait voyager dans le temps, passant d’un chapitre à l’autre du présent au passé. J’ai beaucoup apprécié cette construction. Elle donne envie d’avancer dans le récit pour en comprendre tout le sens. L’auteure reste ensuite davantage dans le « présent » une fois le contexte et l’ambiance placés.

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Les personnages

L’auteure a su créer des personnages complexes. Elle a réussi à donner de la consistance à chacun d’eux, qu’ils soient principaux ou secondaires. Tous m’ont marquée : certains pour les détester, d’autres pour les adorer.  

Helena est une jeune fille en avance sur son temps qui a soif d’apprendre. Elle sait lire et écrire, est curieuse et enthousiaste. Elle ne baisse pas les bras devant les difficultés, s’accroche à ses croyances et sait ce qu’elle veut. Elle s’efface cependant souvent devant les hommes et a rarement son mot à dire. J’aurais parfois voulu qu’elle s’affirme davantage. Malgré tout, Helena parvient généralement à tirer le meilleur parti des situations qu’elle n’a pas choisies et arrive à imposer incidemment, à force de patience, sa volonté aux hommes. Elle semble à la fois faible et fragile, d’un côté (de par sa condition de femme et de servante) et forte, d’un autre (de par sa volonté et son courage à toutes épreuves). 

Descartes est un personnage ambigu que j’ai plus ou moins apprécié selon les moments. Il a un côté très égoïste qui m’a parfois donné envie de le secouer. Il perçoit la portée de son œuvre et ne vit que pour qu’elle soit diffusée, que tous la lisent et reconnaissent la véracité de ses propos. S’il n’a pas tort dans l’absolu, l’importance qu’il accorde à son travail fait souvent passer son entourage au second plan. Il remarque, cependant, Helena et la reconnaît pour ce qu’elle est : une jeune femme singulière, pleine de ressources, qui a soif d’apprendre. La façon dont il réagit ensuite, les décisions qu’il prend peuvent sembler injustes vis-à-vis d’Helena. Toutefois, pour l’époque, il se montre sans doute moins cruel que d’autres. Il ne fuit pas ses responsabilités même si la façon dont il les gère est discutable et même s’il ne laisse pas beaucoup de choix à Helena.

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Thématique

Ce récit nous en apprend beaucoup sur la condition des femmes au 17ème siècle, époque pleine de préjugés et d’idées reçues sur ce que devaient être et faire les femmes.

L’auteur nous révèle également un autre aspect de la vie de Descartes. Elle nous montre l’homme derrière le philosophe, avec ses forces et ses faiblesses, vu à travers les yeux d’Helena.

Elle met également en lumière toutes les barrières sociales et religieuses qui existaient à l’époque (et qui n’ont sans doute, malheureusement, pas toutes disparu). L’histoire de Descartes et Helena est compromise en raison de leurs différences : une servante et un « Monsieur », une protestante et un catholique,… ce n’est pas concevable. L’auteur a su parfaitement retranscrire toute la complexité de leur relation et les sentiments que les personnages peuvent éprouver face à ces obstacles. Notamment en montrant que si ces barrières sont bien ancrées dans les mentalités de leur entourage ; elles le sont aussi en eux. Pour Helena, par exemple, Descartes restera, tout au long du récit, « le Monsieur ».

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En bref, je me suis laissée porter par ce récit. S’il y avait peu d’actions, elles n’étaient pas nécessaires à mes yeux. L’ambiance envoûtante et la plume imagée de l’auteure ont suffi à me faire voyager et à vivre au rythme de ses personnages attachants et forts. Je conseille ce livre à tous ceux qui ont lu et apprécié « La jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier et qui aiment les romans historiques d’ambiance.

Ma note: 9/10csm_clin_d_oeil_02_ac38a579c8

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