« Mille femmes blanches » de Jim Fergus

Édition : France Loisirs

Parution : 22/07/2004

Pages : 408 pages

Prix : 19,50 euros (Cherche Midi)/ 7,90 euros (Pocket)

Résumé

« En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des « Mille femmes » viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d’Amérique… Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l’une d’entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d’adoption… »

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Mon avis

« Mille femmes blanches » est un roman qui traîne depuis très longtemps dans ma pal. Pourtant, j’ai eu envie de le lire dès la première fois où j’en ai entendu parler étant adolescente (ma mère l’ayant lu et adoré). Si j’ai mis autant de temps avant de le commencer, c’est par peur d’être déçue. La culture amérindienne me fascine depuis que je suis toute petite et, plus jeune, je dévorais tous les livres ayant pour thématique de près ou de loin les indiens d’Amérique… Je pense que « Mille femmes blanches » me paraissait « trop » bien raison pour laquelle je n’avais, jusqu’ici, pas osé l’ouvrir…

Mais je me suis enfin décidée et le verdict est…. que ce livre fait maintenant partie de mes favoris sur le sujet ! 😊 Je suis donc ravie d’avoir sauté le pas.

Ce ne fut pas un coup de cœur mais pas loin, bien que je ne sache pas vraiment expliquer pourquoi. Si ce n’est peut-être qu’il m’a manqué un brin de romance (en plus) ou qu’elle soit tournée différemment. C’est très nébuleux tout ça mais je ne veux pas vous spoiler. Paradoxalement, je trouve les choix de l’auteur très crédibles et je n’ai pas envie de changer quoi que ce soit à son récit…(ce n’est pas pour rien que j’ai dit que je ne savais pas l’expliquer^^).

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Avant de passer à la critique en tant que telle, je voulais apporter une petite précision concernant le postulat de départ. Jim Fergus base son histoire sur une demande qu’aurait faite le chef Little Wolf au président Grant en 1875 : celle de recevoir 1000 femmes blanches en échange de 1000 chevaux afin de favoriser l’intégration des Cheyennes dans la civilisation blanche. Cette proposition, si elle a été faite (ce qui n’est pas sûr à 100%), n’a jamais été mise en application. Jim Fergus imagine seulement ce qu’il aurait pu se produire si elle avait réellement été envisagée et acceptée.

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Passons maintenant aux éléments qui m’ont plu dans ce roman et pourquoi je vous le recommande !

J’ai beaucoup aimé le choix narratif de l’auteur : le récit est conté du point de vue de May, à travers son journal intime.  May a été internée sous de faux prétextes dans un hôpital psychiatrique où elle a subi les pires sévices. Quand elle entend parler du projet « Femmes blanches pour les Indiens », elle n’hésite pas longtemps, prête à tout pour échapper à l’enfer. D’autant plus que le gouvernement lui promet qu’après s’être unie à un cheyenne et avoir passé deux ans avec lui, elle retrouvera sa liberté (et ses enfants par la même occasion).

Elle monte donc dans un train en partance pour l’Oust sauvage. Elle fait partie du premier « envoi », de l’avant-garde en quelque sorte. Les femmes qui l’accompagnent dans cette aventure sont soit volontaires, soit tirées de prisons ou, comme notre héroïne, d’asiles. De Gretchen, l’imposante maitresse suisse à l’accent prononcé, à Phemie, la belle mulâtre éprise de liberté et de justice, en passant par les sœurs Kelly, des jumelles irlandaises rusées et frondeuses ou par la douce et muette Sara, toutes ces femmes ont de bonnes raisons de s’être embarquées et toutes aspirent à un avenir meilleur parmi les « sauvages ». Jim Fergus prend la peine de nous conter en détails leur histoire, toujours à travers les mots de May. J’ai fini, pour ma part, par m’attacher à chacune d’entre elles !

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Dans ce journal, May nous livre ses impressions : elle dépeint les paysages qu’elle traverse, brosse le portrait des personnes qu’elle rencontre et s’attarde sur les sensations qu’elle éprouve. Le lecteur rentre réellement dans le quotidien de cette femme. Elle ne passe outre aucun détail, aucune préoccupation aussi triviale soit-elle : de la répartition des tâches ménagères aux problèmes liés à l’hygiène, en passant par des considérations plus philosophiques (sur la religion par exemple). Même s’il n’y a pas énormément d’actions, une certaine tension existe ainsi que des moments dramatiques, généralement amenés de manière à titiller la curiosité du lecteur, ainsi qu’une certaine tensions. J’avais, pour ma part, toujours envie de connaitre la suite, du fait, entre autre, que le destin de ces femmes me touchait énormément !

Pour ceux qui aiment les romans truffés de dialogues, ce livre n’est peut-être pas fait pour vous. En effet, très souvent, May nous décrit ce qu’elle a vécu et les émotions que ces situations ont fait naître en elle. De longs passages sont parfois exempts de tout dialogue (bien que le livre n’en soit pas dépourvu pour autant, rassurez-vous !).

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Comme je vous le disais, j’aime beaucoup la culture amérindienne mais je n’apprécie pas spécialement quand elle est « glorifiée » à l’excès. Dans ce cas-ci, je n’ai pas trouvé le récit manichéen. La société cheyenne est certes dépeinte comme proche de la nature, ouverte à la différence, plus tolérante et plus à l’écoute des femmes que celle des « blancs » à cette époque (ce qui est tout à fait juste en soi, cf référence en bas de page*). Les Cheyennes ont toutefois aussi certains « travers »,  preuves en sont les ivrognes près des forts, les rituels « barbares » qu’ils n’hésitent pas à mettre en pratique, les guerres « internes » ou encore la brutalité qui les submerge dès qu’ils ingurgitent une goutte d’alcool. Leur vie n’était ni horrible ni parfaite (comme certains mouvements de « New Age » voudraient nous le faire croire). Ce sont, après tout, des êtres humains comme tous les autres avec leurs bons et leurs mauvais côtés !

La seule chose que je regrette c’est peut-être l’acharnement à rendre les Crows « méchants ». Ce sont les ennemis des Cheyennes, soit, (et l’histoire se déroule de leur point de vue) ; mais c’est la guerre et aucun des deux « clans » n’est tendre (ce que prouve, heureusement, un événement dont je ne vous dirai rien et qui rattrape un peu cette impression de gentils cheyennes versus méchants crows).

Au niveau des blancs, si la plupart se pensent supérieurs et abhorrent les « sauvages », c’est surtout en raison de leur ignorance et de leurs préjugés. Ceux qui les ont côtoyés de plus près ont généralement un avis plus nuancé. Gertie et le capitaine Bourke sont des personnages très attachants, eux aussi, même si je n’ai pas toujours adhéré aux choix du capitaine (choix cependant très compréhensibles et, somme toute, logiques).

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Bref, vous l’aurez compris, si ce roman n’a pas été un coup de cœur ; il m’a marqué et beaucoup plu ! Le fait de suivre ce récit à travers les yeux de May et de vivre en même temps qu’elle cette aventure, la rend très émouvante. Les personnages sont tous intéressants (bien que peut-être parfois un peu caricaturés) et très attachants. Les paysages font rêver, malgré leur dureté parfois. Je ne peux donc que vous conseiller ce livre si la culture amérindienne vous intéresse ou si vous aimez les histoires de femmes tout simplement. Quant à moi, je ne vais pas tarder à lire la suite, qui a rejoint ma pal il y a peu !

Ma note: 9,5/10 90244735-illustration-d-39-une-mascotte-smiley-portant-une-coiffe-de-chef-indien-se-présentant-Banque-d'images.jpg

 

 

*Un très bon ouvrage si vous désirez en apprendre davantage sur la culture amérindienne :

« Indian Summer – Les premières nations d’Amérique du Nord, Exposition présentées aux Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles du 23 septembre au 26 mars 2000 (Broché), Collectif »

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