« Agents Virtu’elles, tome 1, Disparitions à Versailles » de Virginie Platel

Édition : MXM Bookmark

Parution : 21 mars 2018

Pages : 347 pages

Prix : 18 euros

Résumé

« Alors qu’elle travaille au Louvre, Elfi découvre que La Paix ramenant l’Abondance de la célèbre portraitiste de Marie-Antoinette, Élisabeth Vigée Le Brun, a disparu… Pas seulement du musée mais bien de la conscience collective. C’est comme s’il n’avait jamais existé. Aussi, lorsqu’un ami scientifique qui œuvre pour un laboratoire secret à Monaco, lui propose de tester un incroyable voyage dans le temps, Elfi y voit aussitôt l’opportunité de percer le secret de la disparition du tableau. Propulsée, en compagnie d’Inès, en plein cœur du XVIIIème siècle, elle n’aura que quelques heures pour résoudre des énigmes dont dépendent à la fois leur destin et leur survie dans le turbulent Paris de l’époque, avec Élisabeth Vigée Le Brun en personne, mais aussi dans le Versailles de la dernière reine de France… Les deux aventurières du XXIème siècle devront échapper à de multiples dangers, notamment à une menace sourde que semble tisser un ennemi invisible et rétablir une vérité entre ombres et lumières. Sauront-elles tirer leur épingle du jeu et revenir indemnes de cette aventure extraordinaire ? »

Élisabeth_Vigée-Lebrun_-_selfportrait_(Kimbell_Art_Museum,_1781-2)

Mon avis

Je tenais tout d’abord à remercier chaleureusement NetGalley et MxM Bookmark pour l’envoi de ce roman en service presse numérique.

Le résumé de ce livre évoque un voyage dans le temps à la cours de Versailles, juste avant la révolution française, en compagnie de l’artiste-peintre Élisabeth Vigée Le Brun…J’avoue qu’il n’en a pas fallu plus pour me convaincre ! Malheureusement, si j’ai passé un bon moment de lecture dans l’ensemble, mon avis est, toutefois, mitigé.

J’ai décidé de commencer par parler des points qui m’ont déplu pour terminer sur une note positive avec ce que j’ai apprécié!

vigeelebrun-paix-abondancef

Le premier petit bémol a trait aux personnages. J’ai bien aimé Elfi, le personnage principal (l’histoire est racontée de son point de vue), mais je ne m’y suis pas vraiment attachée. C’est une jeune femme un peu perdue au début du roman. En effet, elle a suivi son mari dans le sud de la France pour le boulot de ce dernier, abandonnant du même coup son propre job (de rêve) au Louvre. Leur couple bat de l’aile et sa vie n’a plus beaucoup de sens (elle est même complétement désœuvrée) au moment où Mike, un vieil ami, lui propose un nouveau travail. Au fil du récit, elle reprend petit à petit confiance en elle et croit à nouveau en ses capacités. Un chouette personnage en soi mais qui ne possédait pas la petite étincelle en plus pour me séduire complètement. Quant à sa partenaire, Inès, j’ai eu beaucoup de mal avec elle. Elle est très froide, parle peu et, quand elle le fait, c’est généralement du bout des lèvres…Finalement, je ne savais pas grand-chose sur elle jusqu’à la presque toute fin du livre. Elle a, certes, un petit côté mystérieux (qui aurait pu m’attirer) mais sa froideur me rebutait tellement  que je n’avais pas spécialement envie de savoir ce qu’elle cachait… Elle se dévoile plus à la fin, à voir dans le tome 2 donc…

Élisabeth_Vigée-Lebrun_-_selfportrait_(Kimbell_Art_Museum,_1781-2)

Le second petit bémol concerne la « romance entre femmes » annoncée sur la couverture. Je n’avais encore jamais lu de récit où deux personnes de même sexe tombent amoureux(ses). Du moins pas quand la romance est un des éléments centraux (ce que je pensais en ouvrant cet ouvrage). Si j’avais, de ce fait, un peu d’appréhension, j’étais aussi très curieuse et assez impatiente de découvrir quelque chose de totalement nouveau pour moi…J’ai donc désenchanté en m’apercevant que l’histoire d’amour restait au second (voire au troisième) plan. Elle est, en effet, presque inexistante dans ce premier tome : quelques regards de temps en temps, un peu de jalousie, de légers rapprochements…et c’est tout. Seule la fin se révèle un peu plus explosive et promet du lourd pour la suite. J’attendais vraiment autre chose à ce niveau, je pense. C’est dommage parce qu’habituellement j’aime bien quand la romance ne prend pas toute la place dans un récit (sauf quand je lis un roman explicitement classé dans cette catégorie évidemment). Si je n’avais pas eu cette attente, le choix de l’auteure m’aurait dont parfaitement convenu…

Élisabeth_Vigée-Lebrun_-_selfportrait_(Kimbell_Art_Museum,_1781-2)

Enfin, j’ai été un peu déçue par les intrigues autour du voyage dans le temps, celle concernant Mme Vigée-Lebrun et celles concernant les « missions » que nos deux héroïnes doivent accomplir. J’ai trouvé les péripéties autour du tableau sans grand intérêt. Je me suis plusieurs fois fait la réflexion au cours de ma lecture qu’« en soi qu’Elfi et Inès soient là ou non n’aurait rien changé au cours de l’histoire… ». J’avais l’impression que c’était beaucoup de complications pour pas grand-chose. Pareil pour leurs missions, je n’y ai pas non plus trouvé mon compte et je suis restée un peu perplexe face à leur dénouement. Je ne peux malheureusement pas vraiment vous en dire plus pour ne pas vous spoiler. Pour terminer avec les points qui m’ont moins plu, je dirais que ce voyage dans le temps ne m’a pas totalement convaincue. L’intégration des héroïnes dans le Paris du 18ème siècle m’a, en effet, paru un peu bancal. Elles continuaient, par exemple, d’utiliser à tort et à travers du vocabulaire « moderne », ce qui peut se justifier, bien sûr. Toutefois, j’ai souvent eu la sensation qu’elles ne faisaient absolument pas attention à ce « détail », pourtant relativement important selon moi. Leur bourdes m’ont semblé beaucoup trop grosses et donc pas très crédibles à mon sens.

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Passons à présent aux points qui m’ont plu dans ce récit.

Tout d’abord, si les intrigues ne m’ont pas captivée lors de ce fameux voyage dans le temps, j’ai, par contre, beaucoup apprécié le contexte historique en soi. L’auteure décrit divinement bien ce Paris du 18ème siècle, sale et encombré, tout comme le Versailles, encore brillant et luxueux, de Marie-Antoinette. J’ai adoré suivre les personnages dans leurs aventures à défaut d’adhérer à leurs objectifs finaux. Découvrir la maison et l’atelier d’Élisabeth Vigée Le Brun, la suivre dans un Salon au Louvre puis dans la chambre de la reine pour une séance de pose…c’était tout simplement magique ! D’autant que, au contraire d’Inès et d’Elfi, je me suis attachée à Élisabeth. J’ai bien aimé aussi le personnage de Marie-Antoinette. L’artiste-peintre est une femme en avance sur son temps qui doit se battre pour défendre ses idées et, surtout, son travail ! A cette époque, être peintre était un métier d’homme et le gente masculine ne tolérait que moyennement que les femmes viennent piétiner « leurs » plates-bandes ! Pas tous heureusement mais assez pour qu’elles doivent batailler ferme dans l’espoir d’être reconnue !

Élisabeth_Vigée-Lebrun_-_selfportrait_(Kimbell_Art_Museum,_1781-2)

J’ai également beaucoup accroché à l’intrigue « générale » qui entoure tout ce voyage temporel ! Dès le début, l’ambiance est un peu tendue. Elfi accepte le travail mais sent que son nouveau patron ne lui révèle pas tout de ses intentions. J’ai beaucoup aimé les découvertes et révélations finales, même si je me doutais de l’une d’entre elles. L’auteure laisse énormément d’indices (selon moi) donc c’est peut-être fait exprès… J’ai, en tout cas, apprécié la thématique abordée ainsi que les enjeux de cette dernière. Je ne peux, une fois encore, rien dire de plus malheureusement !

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La fin est vraiment explosive que ce soit au niveau de l’intrigue (où actions et révélations s’enchaînent) ou au niveau des personnages (qui se livrent un peu plus). Comme je l’ai déjà dit plus haut, la romance prend, également, une autre tournure, plus intéressante.

Le style de l’auteure est fluide et captivant. Son histoire se lit très facilement et j’ai adoré, comme déjà mentionné, ses descriptions de la ville de Paris, notamment celles concernant le fleuve putride qu’était la Seine à cette époque ! Véritable poubelle à ciel ouvert ! Elle casse aussi certains mythes, comme la promenade romantique en carrosse, laquelle semble, en réalité, tout sauf confortable !

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En bref, une agréable lecture qui ne m’aura malheureusement pas totalement convaincue ! Les personnages principaux et certaines intrigues m’ont un peu déçue, tout comme la romance que je n’ai pas trouvé assez développée dans ce premier tome. Toutefois, la thématique abordée était très intéressante et j’ai adoré mon immersion dans le Paris du Siècle des Lumières, ainsi que les personnages que j’y ai rencontrés ! Un avis en demi-teinte donc. Peut-être le second tome arrivera davantage à me séduire ? Je tenterai ma chance en tout cas !

Les premières lignes sont ici pour ceux qui veulent.
#ChallengeNetGalleyFR
Ma note: 6,5 /10 depositphotos_11129307-stock-photo-painter-smiley.jpg

Les images:

  • Partie de « Autoportrait » d’Élisabeth Vigée Le Brun
  • « La paix ramenant l’abondance » d’Élisabeth Vigée Le Brun
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4 commentaires sur “« Agents Virtu’elles, tome 1, Disparitions à Versailles » de Virginie Platel

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  1. Il n’est pas dans ma Wishlist parce qu’il y a ce fameux contexte historique qui me dérange. Pourtant le résumé fait envie. Bon, ce n’est pas non plus si mal que cela si tu as mis un 8,5. Je note au cas où je changerai d’avis mais pas avant la parution de la suite. Trop frustrant ^_^ . Merci pour cette critique complète.

    Aimé par 1 personne

    1. Avec plaisir, par contre, je vais changer la note de ce pas, je me suis trompée! C’est 6,5 que j’ai mis!^^ Sinon, effectivement ça colle moyen avec ce que j’ai dis! Toute l’histoire ne se passe pas dans le passé donc à toi de voir mais le côté historique a quand même une place importante! 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Pour la note, c’est un détail. J’ai vu des personnes mettre un 3/5 avec des avis super enthousiastes…
        Je verrai quand la suite sera là. De toutes façons, je ne manque pas de livres à lire. Mais parfois, c’est bien de sortir de sa zone de confort.

        Aimé par 1 personne

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