« La maîtresse de guerre » de Gabriel Katz

Édition : Pocket

Parution : 16 janvier 2014

Pages : 469 pages

Prix : 8,50 euros (format poche)

Résumé

« Dans le même univers que celui du Puits des mémoires, Kaelyn, fille d’un maître d’armes, rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres filles de son âge rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. Il va falloir lutter. Elle s’engage donc dans cette grande armée qui recrute partout des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes… »

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Mon avis

Après avoir longtemps hésité à commencer le tome 1 du « Puits des mémoire » pour découvrir la plume de Gabriel Katz, j’ai fini par arrêter mon choix sur « La maîtresse de guerre ». Tout simplement parce que l’héroïne est une femme ! Et puis, de nombreux avis le présentent comme le « moins bon » de l’auteur, alors autant y aller crescendo…Et…j’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai donc hâte maintenant de découvrir les autres ouvrages de cet auteur !

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L’univers de ce livre m’a très rapidement happée ! J’ai bien aimé le contraste entre les cultures nordiques du froid Nordland et celles plus orientalisantes du Sultanat d’Azman. Le récit se déroule, en pratique, assez loin des terres du Nordland (mise à part le premier chapitre). Cependant, ce territoire et ses coutumes se dévoilent à travers les hommes venus envahir le Sultanat sous prétexte d’éradiquer l’esclavage et le cannibalisme, deux pratiques barbares attribuées au peuple Azman. J’ai adoré découvrir les traditions, l’organisation politique et religieuse ainsi que les autres caractéristiques de ces deux populations.

L’héroïne, Kaelyn, venue du Nord pour évincer les Azmaniens, convaincue du bien-fondé de sa mission au vu de la sauvagerie dont ils font preuve, va vite déchanter. Tout d’abord, parce qu’elle se fait rapidement capturée et est reléguée au rang peu enviable d’esclave de guerre. Ensuite parce qu’elle se rend compte qu’une partie des rumeurs véhiculées par les siens sur les Azmaniens sont fausses. Cette civilisation est bien plus noble que ses dirigeants veulent lui faire croire. A contrario, les faits et gestes des siens, cruels et sans pitié envers la population azmane, allant même jusqu’à reproduire ce contre quoi ils sont censés se battre, la font rougir de honte. Comme souvent dans une guerre, un camp n’est pas spécialement meilleur que l’autre à ce niveau ! Même si les raisons de départ peuvent être justes et louables, la barbarie finit souvent par prendre le dessus sur les beaux idéaux. J’ai apprécié cette absence de manichéisme !

Vous l’aurez compris, une bonne partie de ce récit prend place dans un univers militaire fait de batailles sanglantes, de fines stratégies, de complots, de pillages, de trahisons…et j’en passe. L’auteur décrit parfaitement cette ambiance guerrière aussi bien sur les champs de bataille que dans les camps militaires. Seul petit bémol : j’aurais aimé que la magie soit encore plus présente. Il y a bien quelques petites touches de fantastique, comme des soldats-sorciers envoyant des boules de feu, par exemple (je pourrais vous en donner d’autres mais je préfère vous laisser les découvrir !) Si je les ai appréciées, j’aurais préféré qu’elles soient davantage développées ! Une carte m’aurait également fait plaisir !

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Sans qu’il y ait vraiment de grosses révélations qui m’aient laissée sans voix, j’ai trouvé l’intrigue très prenante. Elle a, en effet, régulièrement pris des directions auxquelles je ne m’attendais pas ! De ce fait, je ne savais jamais à quoi m’attendre, bien incapable de prévoir qu’elle pourrait être la suite des événements. J’ai apprécié cette impression d’être toujours sur le qui-vive, ce qui a rendu ma lecture très addictive ! La fin m’a, par contre, semblé un peu rapide (seul petit reproche que je pourrais faire) ! Le dénouement était bien mené mais un petit épilogue m’aurait plu ! Le récit se termine, en effet, un peu trop abruptement à mon goût. Toutefois c’est un détail qui n’est clairement pas indispensable à l’histoire.

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Je me suis très rapidement attachée à Kaelyn qui est une héroïne badass à souhait, belle et courageuse ! Son père, dépité d’avoir eu une fille et non un fils, l’a élevée comme un garçon lui apprenant, dès son plus jeune âge, le maniement des armes. Elle est particulièrement douée pour cet art généralement réservé à la gente masculine. Habituée à devoir défendre sa place dans un monde d’hommes et, surtout, à devoir se battre contre une fausse image de jolie fille « fragile », elle s’est forgée un caractère fort et déterminé. J’ai beaucoup aimé ses réparties et son franc-parler, tout comme j’ai apprécié sa bonté et sa pitié en certaines occasions !

Hadrian, quant à lui, est un maître de guerre très fort et respecté par ses pairs pour ses qualités de stratège et de combattant. J’ai bien aimé son attitude assez froide, sûre de lui et arrogante. Elle colle bien au personnage ! Ce n’est pas la modestie qui l’étouffe mais vu son talent, son arrogance est presque compréhensible. Si ce personnage m’a beaucoup plu, j’aurais apprécié découvrir davantage ce qui se cachait sous sa carapace ! Pourquoi a-t-il adopté cette attitude très distante avec tout le monde ? Qu’est-ce qui justifie autant de froideur ? Il y a bien quelques éléments de réponse évidents mais j’aurais voulu que le tout soit plus creusé encore, en savoir plus, par exemple, sur ses origines et son parcours.

Parmi les rares femmes présentes dans ce récit (en dehors de Kaelyn), seule Larinia a su retenir mon attention et me toucher. J’aurais d’ailleurs apprécié en savoir un peu plus sur elle. Les autres, comme Fenia, l’épouse d’Hadrian, ne sont pas des modèles féminins très attrayants.

Le dernier personnage de l’histoire dont je voulais absolument vous parler est Hen Sheak. Même s’il ne fait que quelques rares apparitions, ses réparties m’ont énormément fait sourire (et rire intérieurement)! Il est piquant et drôle à la fois ! J’aurais aimé passer plus de temps à ses côtés !

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La seule véritable ombre au tableau dans ce livre, c’est la romance ! Pour une fois, j’aurais préféré qu’il n’y en ait pas ! Si j’ai gouté le côté un peu « brute » de leur relation (ce sont, après tout, deux guerriers), j’ai trouvé que l’héroïne se laissait trop attendrir et perdait un peu son côté badass. C’est finalement le personnage masculin qui avait le beau rôle, selon moi. Kaelyn semblait beaucoup plus affectée par cette histoire que son compagnon. Le récit, bien qu’écrit d’un point de vue omniscient, est davantage tourné vers notre héroïne. Ses sentiments sont donc plus développés que ceux de son amant, ce qui explique peut-être mon impression. Toutefois, ce dernier semblait, la plupart du temps, tout à fait capable de prendre des décisions rationnelles malgré leur relation, contrairement à elle. J’avoue que j’ai été déçue de découvrir que cette romance change à ce point Kaelyn, au départ en tout cas. Par la suite, heureusement, elle retombe un peu sur ses pattes.

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En bref, une très bonne lecture qui me donne envie de découvrir les autres ouvrages de cet auteur ! Si c’est son moins bon roman, les autres risquent fort d’être d’excellentes lectures, voire des coups de cœur ! J’espère que je retrouverai des personnages dans le genre de Kaelyn, de Hadrian et, surtout, de Hen Shaek : badass, un brin arrogants, sûrs d’eux et aux réparties parfois cinglantes ! J’adore ! Certains pourront peut-être trouver ça un peu « trop » mais personnellement j’aime beaucoup ! De plus, si j’ai bien compris, les autres écrits de l’auteur se déroulent, pour queques-uns au moins, dans le même univers ; j’ai donc hâte d’explorer celui-ci plus en profondeur ! Pour conclure, un très bon livre de fantasy dans un univers guerrier, un petit bémol au niveau de la romance mais rien de dramatique puisque j’ai, malgré tout, passé un excellent moment de lecture ! En un mot : Foncez !

Ma note: 8,5/10 800px_COLOURBOX6623746.jpg

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