« La dernière reine » de Philippa Gregory

Édition : Milady

Parution : 13 juin 2018

Pages : 620 pages

Prix : 18,20 euros

Résumé

« Il veut que je meure. L’unique raison pour laquelle il m’accuse d’un crime passible de la peine de mort est qu’il veut me tuer. Henri, qui a fait exécuter deux de ses femmes et qui attendit qu’on lui annonce la mort de deux autres, entend désormais me faire subir le même sort. »

À trente et un ans, Catherine Parr est une jeune veuve et vie l’idylle parfaite avec Thomas Seymour. Mais lorsque Henri VIII, le souverain d’Angleterre qui a conduit quatre de ses femmes au tombeau, l’invite à l’épouser, elle doit se résigner à un choix qui n’en est pas un. Brillante et indépendante d’esprit, elle est une cible toute désignée pour ses adversaires politiques qui l’accusent d’hérésie, crime puni par le bûcher et dont l’ordre d’exécution est signé… par le roi. Catherine devra déjouer les pièges de la Cour si elle veut un jour retrouver son amant. »

Katherine-Parr-Mellon-Portrait-e1504059104641Mon avis

Je tenais tout d’abord à remercier chaleureusement les éditions Milady ainsi que le site NetGalley pour l’envoi de ce service presse numérique.

La première fois que j’ai entendu parler de cette auteure remonte à une petite dizaine d’années (aie, ça ne me rajeunit pas :-/). Une amie anglophone me l’avait alors vivement conseillée et j’avais acheté un de ses livres en vo (ignorant que certains (tous ?) avaient été traduits en français…). Malgré ça et malgré tous les bons avis que j’ai pu lire concernant les écrits de Philippa Gregory, c’est seulement maintenant que je la découvre ! Si l’attente fut longue, elle en valait largement la peine ! J’ai adoré ce roman malgré quelques répétitions !

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En commençant cette histoire, j’avoue que je ne me souvenais plus du tout du résumé ! Je fus donc agréablement surprise de découvrir que le personnage central n’était autre que Catherine Parr, la dernière épouse d’Henri VIII (d’où le titre du roman sans doute^^). Je trouve l’histoire d’Henri VIII et de ses six femmes passionnante ! J’ai regardé la série « The Tudors », le film « Deux sœurs pour un roi » et puis surtout vu et lu pas mal de documentaires à ce sujet ! Le thème du livre m’a donc ravie, d’autant plus que Catherine Parr avait quelque peu échappée à mon attention.

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Autant vous prévenir tout de suite, si vous êtes allergiques à tout ce qui a trait de près ou de loin à la religion, passez votre chemin ! Je crains, le cas contraire, que vous ne finissiez jamais ce roman ! La spiritualité y tient, en effet, une place prépondérante : l’époque et la reine choisie obligent ! L’Angleterre, et même toute l’Europe, en ces temps-là, sont ébranlées par les querelles théologiques. Certains pays, comme le Saint Empire, se sont résolument tournés vers la réforme et éloignés des dogmes de l’Église catholique et du pape. D’autres, comme l’Espagne, au contraire, se sont plus que jamais rattachés au Vatican, pourchassant sans relâche les « hérétiques », c’est-à-dire, tous ceux qui s’écartent un tant soit peu du « droit chemin ». L’Angleterre, quant à elle, se situe dans un entre-deux pas toujours très clair. Le roi s’est autoproclamé « Chef de l’Église », l’autorité du pape n’a donc plus aucune prise sur ce pays. Il s’est également détourné de certains préceptes papales (comme l’existence du purgatoire) et a fait traduire des bibles en anglais qu’il a ensuite généreusement fait distribuer au peuple (entre autres choses)…Autant d’actions qui laissent croire, en apparence, à un net penchant pour la réforme…si ce n’est qu’il est aussi prompt à donner qu’à reprendre ! Ses plus proches conseillers sont, en effet, un mélange de papistes convaincus et d’ecclésiastiques favorables aux idées nouvelles. Et le roi s’amuse à maintenir entre eux une sorte de guerre d’influence, amorçant un pas vers les uns avant de se rétracter et de se tourner vers les autres (il retire la Bible en anglais des églises, pour la remettre ensuite, par exemple…). Bref, toutes ces polémiques, ces discussions, ces arrestations, ces jugements pour hérésie,…sont au centre de ce roman et jalonnent la vie de Catherine Parr, elle-même fervente adepte de la réforme. Malheureusement, le tout engendre quelques redondances : les mêmes querelles, les mêmes enjeux semblent revenir à l’infini. Cependant, je pense que celles-ci sont, en grande partie, voulues par l’auteure pour souligner le côté répétitif des journées de la reine et le côté cyclique du quotidien de la cour. L’auteure insiste ainsi sur cet aspect stagnant, imposé par le roi, qui devait être lassant pour son entourage.

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J’ai beaucoup aimé me retrouver dans la tête de Catherine Parr ! J’ai adoré son caractère indépendant qu’elle doit malheureusement brider en présence du roi ! Elle est très intelligente et cultivée. En arrivant à Londres, c’est une femme du Nord qui ne connait pas grand-chose aux mœurs de la cour ni aux querelles religieuses. En devenant reine, elle a accès à la culture, via les livres et les prédicateurs, et ne se prive pas d’apprendre, se forgeant sa propre opinion sur les choses. Ce personnage a toute mon admiration. Elle doit sans cesse jouer à l’équilibriste pour obtenir ce qu’elle veut : flattant le roi et le laissant croire que les idées viennent de lui ! Bien sûr, même si les faits historiques sont réels, les pensées de la reine, tout comme ses échanges avec le roi et ses dames ne sont que fiction. Toutefois, je pense que la vraie Catherine Parr a également dû jouer serrer pour espérer survivre à ce roi tueur de femmes…

Henri VIII à la fin de sa vie fait vraiment peine à voir avec son embonpoint et sa jambe gangrénée et puante (ce qui est véridique) ! De plus, le petit jeu qu’il joue avec ses proches, dans le seul but d’éviter qu’ils se retournent contre lui et complotent dans son dos, s’il est très malin (dans le sens péjoratif du terme) est également très malsain. Ses courtisans, ses conseillers, la reine et ses filles ne savent jamais sur quel pied danser ou quoi dire pour le satisfaire, une situation plutôt usante à la longue… Surtout qu’ils doivent, en plus rester, vigilant puisque Henri VIII n’hésite pas à couper les têtes de ceux qui le déçoivent…Encore une fois, s’il y a une grande part de fiction et de parti pris, de nombreuses têtes sont réellement tombées sous son règne…

Les enfants du roi ont également une place importante dans cette histoire. Ils ont, tous les trois, des caractères bien distincts et un parcours de vie plus que chaotique ! Tout comme la reine, ils sont attachants et forcent l’admiration (dans ce roman en tout cas) ! Par contre, si j’ai aimé le personnage de Thomas Seymour, j’ai moyennement apprécié l’histoire d’amour imaginé entre lui et la reine (qui reste, heureusement, la plupart du temps en retrait).

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Enfin, je ne pouvais pas écrire cet article sans évoquer la magnifique plume de Philippa Gregory ! Elle est juste et précise tout en restant fluide et accessible ! Ce genre de sujet historique peut vite devenir lourd et compliqué mais son style le rend largement abordable et passionnant ! Elle décrit avec brio l’univers de la cour d’Henri VIII ainsi que ses coutumes et habitudes !

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En bref, si vous aimez l’Histoire, et tout particulièrement l’époque des Tudors ainsi que les femmes fortes, et que les querelles religieuses ne vous rebutent pas, je vous conseille très fortement ce livre ! Si ce récit reste, bien entendu, une fiction historique, le travail biographique est, lui, bien réel ! L’auteure réussit brillamment à nous immerger dans l’ambiance de suspicion et de tension de la cour d’Henri VIII, ce Barbe Bleu des Temps Modernes. Ce récit est à la fois captivant et distrayant (pour ceux qui veulent juste passer un bon moment de lecture) et très instructif (pour ceux qui désirent en apprendre plus sur cette grande reine et son époque). J’ai hâte, pour ma part, de me plonger dans un autre roman de cette auteure !

Ma note: 8/103f89d3e28c096b26c51b58ae633deb15

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6 commentaires sur “« La dernière reine » de Philippa Gregory

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  1. j’ai bien aimé ce roman également ! comme toi cette période me passionne, mais c’est vrai qu’il ne faut pas être anti-religieux car sinon cela risque d’être compliqué comme lecture ! perso j’ai bien aimé l’histoire d’amour avec Thomas Seymour, mais quand j’ai lu sa biographie sur internet, j’ai vu que cela avait l’air d’être un personnage infect 😦 donc finalement, je ne sais pas trop si l’amour était vraiment présent ou pas.

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  2. je suis athée et pas du tout branchée religion mais ça ne m’a pas du tout gênée à la lecture car je pense que d’un point de vue historique c’est très proche de la vérité… les changements dans l’Eglise anglaise ne se sont pas faits en un jour et je trouve ça intéressant de voir sur quel genre de questions ils se prenaient la tête ^^

    Aimé par 1 personne

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