« Celle qui venait des plaines » de Charlotte Bousquet

Édition : Gulfstream

Parution : 12 octobre 2017

Pages : 360 pages

Prix : 17,50 euros

Résumé

« Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres,

le tonnerre des canons, les rivières de sang…
Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission
Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces.

Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins,
métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire. »

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Mon avis

Lecture dans le cadre du Pumkin Autumn Challenge + Lecture commune avec Laurasreadings.

Volontairement, j’en savais très peu sur ce livre avant de le commencer. J’avais lu le résumé en diagonal et vu qu’il allait être question de « légendes » mais lesquelles je n’en avais aucune idée. La couverture, quant à elle, laissait supposer (tout comme le titre) que l’histoire aurait pour toile de fond l’Ouest américain.

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Et j’ai adoré ce roman qui m’a effectivement transportée au cœur de l’Ouest sauvage, dur et souvent brutal où la vie ne faisait aucun cadeau aux faibles et aux indigents et où il valait mieux être né Blanc (bien que ce n’était un gâche ni réussite ni de sécurité). En effet, le racisme était omniprésent dans cette société où se croisaient aux côtés des Blancs, asiatiques, indiens et descendants d’esclaves noirs. Ces hommes de couleurs n’avaient clairement pas les mêmes droits que les Blancs et étaient souvent traités comme des animaux ou des envoyés du diable par leurs compatriotes à la peau pâle ! De plus, à une époque où les hommes (quelle que soit leur couleur de peau) jouaient très facilement de la gâchette, il ne fallait souvent pas grand-chose pour mettre le feu au poudre ! Une simple dispute se transformait très vite en meurtre ou en règlement de compte qui appelait ensuite vengeance et, ainsi de suite, la violence montait rapidement en intensité. Les shérifs et marshals avaient bien du mal à faire régner l’ordre dans ce contexte !

Au milieu de tout ce joli « bordel » naissaient des légendes, telles que Calamity Jane, Buffalo Bill,…Légendes colportées et amplifiées par les fameux Wild West Show de Buffalo Bill qui mettaient en scène les exploits de ces « héros » ! La vérité se perdait souvent au profit du spectacle et du sensationnel. Le personnage central fictif de ce livre, Winona, fait partie de ces figures mythiques dont la véritable histoire a été petit à petit engloutie par les rumeurs et le mythe ! Surnommée la Vipère de l’Oklahoma, elle est décrite comme dangereuse, manipulatrice, séductrice et traitresse. Gare à l’homme qui se perdrait dans ses beaux yeux verts, succomberait à son charme et tomberait sous son emprise…Mais que se cache-t-il derrière cette image ? Qui est la femme derrière la légende ? C’est ce que Virgil, dont le père a été froidement assassiné par Winona, aimerait découvrir. Il veut connaître la vérité sur le meurtre de son géniteur avant de se faire justice lui-même. Pourtant cette vérité qu’il recherche tant pourrait bien le surprendre…

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Le récit de Winona et Virgil (tantôt à la 1er personne quand notre héroïne raconte son histoire, tantôt à la 3ème personne) est entrecoupé d’extraits d’un roman qui relate la vie des Steele Men (et, indirectement, celle de Winona) et de passages du journal de bord de Virgil. Cette profusion de documents et la diversité des narrations permettent, grâce aux multiples points de vue, de mieux comprendre l’impact de la légende sur la vie de notre héroïne et les transformations qui ont été apportées à sa « véritable » histoire.

L’intrigue est très bien construite et je n’en changerais rien même si j’ai parfois eu du mal (surtout au début) à bien situer les événements les uns par rapport aux autres. Les extraits du roman consacré aux Steele Men ne suivent pas un ordre temporel logique et sont souvent en décalage par rapport au récit de Winona (qui lui suit l’ordre chronologique de sa vie). Parfois, je relisais certains passages pour être sûre que tout soit imbriqué correctement dans ma tête ! Toutefois, je n’ai pas trouvé cette petite gymnastique de l’esprit dérangeante ! J’ai, au contraire, goûté le fait que l’intrigue ne soit pas linéaire. De plus, les extraits des Steele Men anticipant souvent l’histoire de Winona, le lecteur a constamment envie de poursuivre sa lecture pour enfin découvrir ce qu’il s’est réellement passé et lever le voile sur les zones d’ombres !

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J’ai beaucoup apprécié l’héroïne ! Elle est loin d’être parfaite mais le récit qu’elle propose permet de mieux appréhender ses choix. Si elle m’a parfois fait froid dans le dos, sa détermination a également forcé mon admiration ! Enfermée assez jeune à la Mission de Saint-James où le traitement réservé aux enfants et adolescents indiens était tout simplement ignoble (ce qui l’est encore plus, c’est de savoir que de tels endroits ont réellement existé), elle va devoir se battre pour s’en sortir et commettre des actes irréversibles qui la poursuivront ensuite toute sa vie ! Je me suis aussi attachée à Virgil dont la vision va évoluer au fil du récit de la métis ! Pas uniquement sa vision de son histoire et de celle de son père mais sa vision du monde en général ! Ce récit va le grandir et lui ouvrir de nouvelles perspectives !

Il n’y a aucun manichéisme dans ce roman, ce qui m’a beaucoup plu. L’Ouest américain de cette époque est très complexe ; il n’y a ni bons ni méchants, juste des hommes qui essaient de s’en sortir avec ce qu’ils ont. Si les asiatiques subissent le racisme et la ségrégation ; ils font également régner la terreur à travers leurs gangs. Si les cowboys se font parfois allégrement tuer ou voler, ils n’hésitent pas ensuite à se faire justice eux-mêmes en tuant leurs persécuteurs et leurs familles au besoin….Si les indiens sont parqués dans des réserves et réduits à la famine et à une vie sédentaire qui ne leur convient pas, ils boivent beaucoup et se montrent souvent violents entre eux et envers les autres…

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En bref, ce livre décrit un univers brutal, parfois violent et pourtant empreint d’une grande beauté, sauvage et libre. Le récit que nous livre Winona est grandiose, tout comme son personnage, fort et complexe ! Sa vie et sa personnalité ne peuvent être réduites à celle de la Vipère de l’Oklahoma bien que celle-ci soit une de ses nombreuses facettes. Derrière la légende se cache une femme aux tonalités multiples. À vous de découvrir toutes les nuances de ce personnage en lisant ce roman frais, dur et atypique que je vous conseille !

Ma note: 9/10Ock4WjrTL4AUdI1TRTUqRailbds@250x250

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