« Black Hills : Paha Sapa » de Christian Carlier

Édition : Éditions plumes solidaires

Parution : 1er décembre 2019

Pages :  356 pages

Prix : 18,90 euros

Résumé

« Au milieu du 19e siècle, aux États-Unis, l’avancée des colons blancs atteint la région des Black Hills et des grandes plaines.

Le soir de ses fiançailles, la jeune Emma London, issue de la bourgeoisie de Chicago, est enlevée par une bande de Sioux Lakotas. Emmenée de force au village indien, Emma y restera prisonnière durant près de huit mois : huit mois de révolte et de confrontation avec ses ravisseurs, mais aussi de découverte d’un peuple paradoxalement attachant, au cœur duquel naîtra un improbable amour.

Écartelée entre ses origines et une société qui la fascine, Emma va devoir choisir.

Ce choix ne se fera pas sans danger… »

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Mon avis

Je tenais tout d’abord à remercier chaleureusement l’auteur, Christian Carlier, ainsi que la plateforme SimplementPro pour l’envoi de ce service presse numérique.

Si vous me suivez depuis un petit temps, vous savez peut-être que la culture amérindienne est un sujet qui me passionne. Quand j’ai découvert le résumé de Black Hills, après que l’auteur me l’ai proposé en SP, je n’ai donc pas hésité très longtemps avant d’accepter de le lire et de le chroniquer !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment avec ce titre, cependant, je ressors de ma lecture un brin déçue : j’en attendais plus, je pense. Ou du moins j’en attendais autre chose. Je m’explique.

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J’ai adoré retrouver l’atmosphère de l’Ouest américain avec ses cow-boys, ses vastes territoires sauvages et ses campements Indiens. Un monde grandiose et coloré dans lequel se côtoient, avec plus ou moins de bonheur (souvent moins que plus malheureusement), colons fraichement débarqués d’Europe en quête d’une vie meilleure, chercheurs d’or peu scrupuleux, avides de richesses et indigènes de plus en plus méfiants face à l’arrivée de l’Homme Blanc. J’ai également pris énormément de plaisir à séjourner au cœur du village Sioux, à suivre leur vie au jour le jour entre chasses, fêtes, corvées quotidiennes et longues veillées autour du feu ! L’ambiance de ce roman m’a, plus d’une fois, fait penser au film « Danse avec les loups », un film que j’ai regardé maintes et maintes fois et dont je ne me lasse pas. Il y a, en effet, de belles descriptions de paysages qui rappellent les magnifiques images du film. En outre, la vie dans le village Sioux est dépeinte de façon un peu similaire : sans en omettre totalement les défauts, elle est quand même largement idéalisée. Il s’en dégage une atmosphère sereine et paisible qui masque les côtés plus durs, parfois cruels, que revêtait une telle existence. Et c’est là, entre autre, que le bât a blessé pour moi.

La comparaison avec le film est plus que positive, au vu de mon adoration pour ce dernier, pourtant, aujourd’hui dans mes lectures, je recherche autre chose : un récit qui soit moins idéalisé, plus cru, plus « réel » en un certain sens. L’auteur a parfaitement conscience de cette idéalisation dans son texte et c’est un parti pris totalement assumé de sa part. Si je comprends son explication (les Amérindiens ont été si souvent diabolisés par le passé que mettre en avant la noblesse de leur culture n’est, finalement, que leur rendre justice) je ne suis pas entièrement d’accord avec celle-ci. Je pense que décrire leur mode de vie tel qu’il est dans toute sa beauté mais aussi sa dureté ne lui porte en rien préjudice. Que du contraire ! Je trouve même qu’alors, l’hommage qui leur est rendu est plus « juste » parce que plus « vrai » et plus « entier ». Bref, c’est une question de point de vue et celui de Christian Carlier est tout à fait compréhensible !

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L’intrigue en soi m’a plu dans les grandes lignes malgré son côté « classique » (une jeune femme blanche enlevée par les Indiens et forcée de vivre parmi eux ). Cependant, elle m’a paru un peu trop linéaire. Je n’ai jamais été vraiment surprise par la tournure des événements. De plus, j’ai aussi relevé certaines facilités scénaristiques (comme l’adaptation très (trop) rapide d’Emma ou la fin qui ne m’a pas convaincue) ainsi que quelques longueurs (toute la partie concernant les colons au début. Si ces passages ont leur importance par la suite, j’aurais préféré qu’ils soient moins détaillés !). Les dialogues ne sont pas légion dans ce texte, un choix que j’ai, d’un côté, trouvé judicieux. Il rend, en effet, le récit très doux et introspectif, ce qui colle bien au ton général du roman. D’un autre côté, quelques dialogues supplémentaires m’auraient aidée à mieux appréhender l’évolution des relations entre les personnages. J’aurais aimé, par exemple, voir plus d’échanges entre Emma et Chayton. Le fait qu’il y en ait peu m’a donné une impression de rapidité (impression pourtant en totale contradiction avec la trame temporelle).

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Même si j’ai trouvé son adaptation un peu trop rapide, j’ai apprécié Emma. Son caractère fort l’aide à survivre au début et à passer outre les moqueries des squaws du village. Elle ne se laisse pas abattre. Et si elle finit par se faire accepter, c’est grâce à sa gentillesse, son ouverture d’esprit et sa tolérance. Chayton, quant à lui, est fier, d’une fierté qui frise souvent l’arrogance mais aussi réfléchi (il désire, par exemple, en apprendre plus sur les Blancs pour comprendre leur façon d’agir). Il peut se montrer tour à tour très expressif ou, au contraire, froid et renfermé. Ce sont deux personnages sympathiques et attachants. J’ai également pris plaisir à faire connaissance avec les autres habitants du village, tels que Yahto, Abeytu et Enapay. Quant aux Blancs, ils ne sont pas tous « mauvais », loin de là. Le shérif ou encore le docteur sont des hommes bons. Quant au vrai méchant, s’il m’a semblé plus caricaturé, l’auteur fait en sorte que le lecteur comprenne bien comment sa haine envers les Indiens a petit à petit grandi.

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En bref, si vous voulez découvrir la culture sioux et vous gorger de grands espaces et de paysages grandioses, foncez sur ce roman. Les Amérindiens y sont certes idéalisés mais sans non plus tombés dans quelque chose de trop « manichéen ». Malheureusement, ce n’est pas (plus) ce que je recherche quand je lis ce type de récit. Malgré tout, j’ai pris plaisir à ma lecture tout comme je prends toujours autant de plaisir à (re)regarder « Dans avec les loups ».

Ma note 7,5/10 Résultat de recherche d'images pour "smiley indien"

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