« L’envol de l’Euthalia » de Maud Servignat

Édition : Auto édité

Parution : 21 décembre 2021

Pages : 330 pages

Prix : 17, 90 euros

Résumé

« Deux temporalités, un secret…

Surtout… ne pas se retourner…

Paris, printemps 2019 : Émilie Robinson, Franco-Irlandaise de 35 ans, vient d’hériter de son père. Elle s’apprête à s’envoler pour Dublin afin de vendre l’appartement de cet homme qu’elle a à peine connu…

Paris, février 1910 : Dissimulée derrière les murs épais de Saint-Sulpice, Bessie McNulty, nourrice sur lieu, vient de rejoindre les sinistrés victimes de la montée des eaux de la Seine. Apeurée, elle ne pense qu’à retrouver sa fille afin de pouvoir quitter Paris au plus vite pour rejoindre Dublin…

Émilie ignore que son destin est intimement lié à celui de Bessie et aux femmes de la famille Robinson. Restées longtemps enfermées et silencieuses, leurs voix singulières s‘éveilleront pour la guider vers une résolution bouleversante qui prendra la forme d’un cadeau inattendu…

Contemporain, historique, social, sentimental et mystérieux à la fois, L’ENVOL DE L’EUTHALIA conte avec véracité le Paris inondé de 1910, la violence d’une Irlande ultra-catholique intransigeante envers ses femmes et le rêve américain à portée de tous. Sur un peu plus d’un siècle, le lecteur suivra, avec une poésie parfois teintée de cruauté, le parcours de mères, de filles, toutes courageuses, résilientes, lumineuses. »

Mon avis

J’ai lu ce roman via SimplementPro. Merci encore à l’autrice pour sa confiance!

J’ai passé un très agréable moment de lecture avec ce titre. L’envol de l’Euthalia m’aura, outre fait voyager à travers le temps et l’espace, fait découvrir certains événements historiques dont je n’avais pas (ou très peu) connaissance.

Ce roman se déroule sur deux temporalités (un schéma que j’adore). Au fil des chapitres, nous sommes soit presque de nos jours, en 2019, avec Emilie, soit dans le passé, avec Bessie, en 1910 puis avec Angèle, quelques années plus tard. L’autrice nous entraine également d’un pays à l’autre (entre la France et l’Irlande), voire même d’un continent à l’autre puisque cette histoire nous mène jusqu’aux Etats-Unis et à Chicago !

Il s’agit, ici, de femmes et de secrets de famille, d’amitié et de loyauté, de violence aussi, qu’elle soit physique ou morale.

J’avoue avoir eu quelques craintes après la lecture du prologue. En effet, celui-ci est volontairement équivoque : il décrit un événement trouble où il est question d’une boite enterrée dans laquelle, on le devine, se cache un terrible secret. Le lecteur est laissé, bien entendu, dans le flou. À lui de continuer à lire s’il veut lever le voile sur ce mystère. Toutefois, outre cela, la narration m’a également paru un brin nébuleuse. Les passages d’un paragraphe à un autre manquaient, pour moi, de fluidité. Un manque de fluidité que j’ai aussi ressenti, par moments, dans les premiers chapitres du récit où de fréquents légers retours en arrière m’ont parfois déroutée. Cependant, cette remarque ne vaut que pour le tout début du roman ! Par la suite, l’autrice n’utilise plus (ou beaucoup moins ou je ne l’ai peut-être plus remarqué ?) ce procédé (qui plaira sûrement à d’autres, par ailleurs !).

J’ai donc, ensuite, réellement apprécié la plume de Maud Servignat : fluide et très agréable. Les dialogues sont bien menés et les descriptions imagées et immersives ! L’autrice arrive à nous plonger facilement dans les différentes ambiances de son roman : que ça soit à Paris en 2019 avec Emilie ou dans l’un des couvents de la Madeleine, en 1926, avec Angèle, ou encore dans le Paris inondé de janvier 1910 avec Bessie.

Niveau des personnages, j’ai été particulièrement touchée par Angèle, qui est d’ailleurs, l’héroïne principale de cette histoire. Nous la suivons, effectivement, de son enfance (dans les quartiers pauvres de Dublin) jusqu’à un âge avancé, après une vie bien remplie. Angèle est attachante, sensible et attentionnée. Elle a un fort bégaiement et manque, de ce fait, de confiance en elle, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une grande force de caractère ! J’ai dévoré toute la partie où elle vit à Dublin ! J’ai été un peu moins happée par la suite (même si j’ai passé un bon moment aussi !), entre autre, parce que cette suite est plus rapide en terme de temporalité : l’autrice s’y attarde moins et les sauts temporels sont plus importants.

Emilie m’a plu également. Pour autant, j’aurais aimé que son histoire soit plus approfondie et, surtout, que le côté « secret de famille » prenne plus de place : que les chapitres au passé et au présent se répondent davantage afin d’entretenir le mystère. En effet, j’ai trouvé que cet aspect restait assez en retrait durant toute une partie du récit (mise à part à la fin où tout s’accélère) et c’est dommage !… En ce sens où cela aurait pu intensifier le côté « suspens » et rendre le roman encore plus prenant et addictif.

Pour en revenir (et en terminer) avec nos protagonistes, j’ai moins accroché à Bessie, en grande partie, je pense, du fait que peu de chapitres lui soient consacrés (bien qu’elle ait son importance) et puis, de par son caractère plus cachotier et moins abordable.

Enfin, comme je vous l’ai dit, ce roman m’a permis d’explorer pas mal de faits historiques que je ne connaissais pas (ou de façon très superficiel) : les inondations de Paris et le scandale des couvents de la Madeleine à Dublin (entre autres). C’est surtout ce dernier événement qui est mis en avant et exploité dans ce récit à travers le personnage d’Angèle qui va, malheureusement pour elle, y être confrontée. Derrière une façade respectable et pieuse, ces institutions étaient, en réalité, des sortes de prison pour « femmes perdues » : « perdues » bien souvent parce qu’elles ne correspondaient pas aux codes de bienséance de la société irlandaise catholique très stricte de l’époque. Elles étaient donc enfermées et exploitées : de l’esclavage déguisé. Ces couvents servaient, en effet, de blanchisserie et abusaient allègrement de cette main d’œuvre gratuite sous couvert de pénitence et de repentir…

En bref, un roman qui m’aura diverti tout en m’instruisant ! J’ai apprécié la double temporalité et le côté « secret de famille » même si j’ai regretté que le suspens ne soit pas davantage entretenu ! Emilie, Angèle et Bessie sont toutes les trois fortes à leur manière. J’ai une petite préférence pour le personnage d’Angèle qui est, d’ailleurs, la protagoniste centrale de ce récit ! Elle m’a touchée et impressionnée ! Je ne peux donc que vous conseiller ce titre si les thématiques évoquées dans cette chronique et/ou le schéma narratif vous plaisent !

Mon appréciation

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