« Entre troll et ogre » de Marie-Catherine Daniel

Édition : Actu Sf

Parution : Février 2020

Pages :  276 pages

Prix : 8,90 euros (poche)

Résumé

« Arsouille est un vieux troll désabusé et perclus d’arthrite. Plus grand-chose ne l’inquiète, à part bien sûr les ogres, la guerre et son petit-fils qui doit entrer au collège…Mais un soir, Arsouille reçoit une lettre pleine de regrets de son jumeau qu’il n’a pas vu depuis cinquante ans. La surprise est totale : son frère est un ogre et les ogres n’écrivent pas aux trolls. D’ailleurs, les ogres ne font pas dans le sentiment, pas même avant de vous arracher la tête. Alors qui a écrit cette lettre ? Arsouille qui ne sait pas déchiffrer une carte va devoir se rendre sur le front pour le découvrir… Une enquête à mi-chemin entre la fantasy et le post-apocalyptique. Avec Entre troll et ogre, Marie-Catherine Daniel signe un roman puissant qui interroge la notion d’humanité.« 

Image trouvée sur le site de http://www.cridutroll.fr/

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement Jérôme et les éditions Actu sf pour l’envoi de ce titre en version numérique et pour leur confiance !

« Entre troll et ogre » est un roman qui mêle habilement différents genres de SFFF. Il y est, en effet, question de trolls et d’ogres (ben oui le titre n’a pas été choisi au hasard !), ce qui le raccrocherait, à priori, plus à la Fantasy. Sauf que ces gentilles créatures vivent dans un univers proche du nôtre, un futur hypothétique dans lequel les humains ont disparu, laissant la place aux deux espèces susmentionnées ! Nous avons donc affaire à une sorte de récit de science-fiction teinté de fantasy…( ?). J’avoue ne pas du tout être spécialiste dans ce domaine mais c’est comme ça que je l’ai perçu ! 😊

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Dans ce monde particulier, nous suivons Arsouille ! Un héros atypique puisque c’est un troll (en général, ce sont rarement les héros des histoires de Fantasy, il faut bien l’admettre) doublé d’un vieillard somme toute très ordinaire (avouez également que les protagonistes principaux des romans sont généralement de fringants jeunes gens ou, limite, de vieux magiciens bien conservés et aux pouvoirs aussi grands que leur âge avancé !). Bref, assez vite, ce petit bonhomme, qui ne paie pas de mine, m’a plu ! Il tente tant bien que mal de survivre dans son monde, entre les ogres qui s’en prennent aux trolls pour un oui ou pour un non, juste pour passer le temps, et les trollards (des jeunes trolls) qui n’hésitent pas à tabasser les plus vieux de leur espèce pour prouver leur bravoure (toute relative, on est d’accord) aux autres membres de leur clan! Un soir en rentrant chez lui après avoir, justement, essuyé une bonne dérouillée, Arsouille tombe sur une lettre écrite par son frère jumeau dont il n’a plus de nouvelles depuis de nombreuses années. Intrigué par cette missive et son contenu, persuadé que c’est un canular mais tout de même désireux de le vérifier, il décide de tout faire pour retrouver l’expéditeur de cet étrange message !

J’ai rapidement accroché à la plume tranchante, familière et un brin cynique de l’autrice. Dès les premières lignes, le ton est donné. C’est drôle, caustique, parfois vulgaire (mais jamais « gratuitement », dans le sens où cette vulgarité colle au texte et aux personnages). Ce texte, sous son apparence amusante, soulève de nombreuses questions sur la notion d’humanité, la tolérance, l’entraide,…

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L’autrice décrit divinement bien cette société dichotomique, divisée en « troll » et en « ogre ». Les trolls sont des êtres émotifs et bagarreurs. L’action chez eux prime clairement sur la réflexion, avec les dérives que cela peut entraîner. Ils vont à l’école un minimum de temps pour apprendre un minimum de choses. Si les trollinous sont très affectueux, tout se complique avec la Grande Poussée Dentaire (qui survient à l’adolescence) et l’amour filiale n’y résiste généralement pas. En devenant des trollards, il intègre souvent un clan (c’est mieux s’ils veulent survivre) dans lequel la violence est de rigueur. Les tâches plus « manuelles » leur sont, la plupart du temps, réservées, quand ils ne servent pas simplement de chair à canon. Les ogres, eux, préfèrent les métiers plus intellectuels. Ils sont l’exact opposés des trolls : cartésiens, réfléchis, froids et dépourvus d’émotions. Ils dirigent le pays de main de maître. Dis comme ça, cela peut paraître très « stéréotypé » mais…lisez l’histoire et vous verrez ! 😊

Si certains éléments de l’intrigue ne m’ont pas forcément surprise (pas dès le départ mais plus j’avançais dans le récit et plus certaines choses m’ont paru évidentes), le chemin pour y arriver est plein de surprises et de rebondissements ! J’ai adoré suivre le quotidien d’Arsouille, de sa belle-fille et de son petit-fils ! Tout comme observer comment la fameuse lettre va transformer le quotidien ordinaire de notre héros en une folle aventure aux multiples péripéties a été un réel plaisir ! Petit à petit, Arsouille va s’ouvrir au monde et en découvrir des aspects dont il n’avait jusque-là pas conscience bien qu’ils se trouvassent juste sous son nez ! Une sorte de parcours initiatique entamé sur le tard.

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En bref, un récit à la frontière de différents genres qui m’a fait passer un excellent moment de lecture ! Son ton humoristique, sa société tout en contraste et son héros atypique ont, sans aucun doute, contribué à cette impression globale ! Si le résumé vous titille, vraiment, n’hésitez pas ! D’autant que sous ses dehors « bon enfant », ce texte propose de profondes réflexions sur la nature humaine.

Mon appréciation

Un commentaire sur “« Entre troll et ogre » de Marie-Catherine Daniel

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  1. Contrairement à toi, j’ai quand même mis pas mal de temps à m’attacher à Arsouille qui, au début, se plaint certes de son petit sort mais est aussi très ancré dans le système : il nous dit tout de même qu’il tabasse régulièrement sa belle-fille, aux crochets de laquelle il vit sans vergogne, et qu’il a déjà sérieusement pensé à la violer. Il est, finalement, le reflet de tout ce qui va mal dans cette société : une population sous-éduquée qui banalise la violence, et tout ce qui le retient de faire comme les autres, c’est juste qu’il n’en a plus la force. Alors, on ne lui en veut « pas trop » parce qu’il a baigné là-dedans tout sa vie et n’imagine pas qu’il puisse en être autrement. Mais j’ai dû attendre de le voir évoluer un peu pour m’y attacher, je l’avoue^^
    Pour le reste, je te rejoins tout à fait ! J’ai aussi beaucoup aimé cette œuvre et sa réflexion sur la nature humaine 🙂

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